Au-delà des murs
Episodes

Saturday Jan 24, 2026
Saturday Jan 24, 2026
*** Géothermie au Québec – Transition énergétique – Subventions Hydro-Québec – Forage et systèmes hydroniques – Energy as a Service – Performance réelle – Pointe énergétique et décarbonation – Mythes et réalités de la géothermie – Durabilité des équipements – Innovation et entrepreneuriat ***
Résumé de l’épisode
Dans cet épisode, on reçoit Nathalie Tremblay, présidente et fondatrice de Marmotte Énergie, une entreprise québécoise à l’avant-garde de la géothermie depuis 2010. Issue du monde de la finance et de la stratégie d’entreprise, Nathalie a œuvré notamment au Fonds de solidarité FTQ et siégé sur plusieurs conseils d’administration, dont celui d’Hydro-Québec, avant de choisir de passer de l’analyse à l’action.
Elle raconte son parcours entrepreneurial, son besoin de créer, d’optimiser et de bâtir des solutions concrètes, ainsi que le moment charnière où elle décide de quitter les grandes institutions pour avoir un impact réel sur la transition énergétique. C’est dans ce contexte qu’est née Marmotte Énergie, avec une ambition claire : démocratiser la géothermie et lever les principaux freins à son adoption.
La discussion plonge rapidement dans les grands enjeux de la géothermie au Québec. Nathalie explique pourquoi cette technologie, pourtant extrêmement performante, est longtemps demeurée marginale : coût initial élevé, méconnaissance du public, complexité perçue et difficulté d’accès au financement. Elle raconte le premier modèle d’affaires de Marmotte Énergie, basé sur le concept d’« Energy as a Service », où les clients payaient un service mensuel plutôt qu’un investissement initial — une approche innovante, mais arrivée trop tôt pour le marché financier de l’époque.
On aborde ensuite le virage stratégique de l’entreprise vers l’ingénierie, le forage et l’installation clé en main, ainsi que les réalités très concrètes du terrain : investissements majeurs en équipements, barrières à l’entrée élevées, complexité logistique et importance des économies d’échelle dans le domaine de la géothermie.
Une large partie de l’épisode est consacrée aux subventions et au changement de paradigme opéré par Hydro-Québec. Nathalie explique pourquoi la géothermie est devenue un levier stratégique pour la société d’État : réduction de la pointe hivernale, décarbonation complète, coûts nettement inférieurs à la construction de nouveaux barrages et meilleure résilience du réseau. Elle détaille les programmes actuels, tant résidentiels que multilogements et institutionnels, et démontre comment ces aides transforment désormais la rentabilité des projets.
Sur le plan technique, l’épisode offre un véritable cours de géothermie appliquée. Nathalie explique le fonctionnement des systèmes, la différence entre géothermie et thermopompes à air, le rôle du sol comme réservoir thermique stable, les notions de COP, de puissance, de charges de chauffage et de climatisation, ainsi que les avantages majeurs des systèmes géothermiques : efficacité constante, durabilité des équipements, absence d’unités extérieures, réduction du bruit, longévité des puits et faible impact environnemental.
Les mythes sont également déconstruits : non, la géothermie n’est pas réservée aux riches; oui, elle demeure plus performante que les thermopompes à air, même modernes; et non, les puits géothermiques ne sont pas un risque lorsqu’ils sont installés selon les règles de l’art. On aborde aussi les enjeux environnementaux liés aux gaz réfrigérants, où la géothermie se démarque par des circuits fermés, scellés et beaucoup moins risqués pour l’environnement.
La discussion s’étend enfin aux bâtiments performants, aux maisons très étanches, au plancher radiant, à la production d’eau chaude domestique, à la ventilation et aux limites des systèmes traditionnels lorsque l’on vise de hauts niveaux de performance énergétique. Nathalie souligne l’importance d’une conception intégrée et d’une bonne compréhension des usages réels pour tirer pleinement parti de la géothermie.
Un épisode riche, technique et profondément éclairant, qui montre que la géothermie n’est pas seulement une technologie, mais une véritable infrastructure énergétique sous nos bâtiments — appelée à jouer un rôle central dans la transition énergétique du Québec.
Bonne écoute!
Liens
Invitée
Nathalie Tremblay
Marmott Énergies
Sujets discutés
Création de Marmotte Énergie
Géothermie au Québec : état du marché
Freins historiques à l’adoption de la géothermie
Financement et barrières économiques
Virage stratégique vers l’ingénierie et l’installation
Forage géothermique et logistique terrain
Réduction de la pointe hivernale
Décarbonation du chauffage des bâtiments
Comparaison géothermie vs thermopompes à air
Fonctionnement des systèmes géothermiques
Performance énergétique et COP
Impacts environnementaux et gaz réfrigérants
Bâtiments performants et étanchéité
Plancher radiant et systèmes hydroniques
Conception intégrée et performance réelle
Mythes et réalités de la géothermie
Rôle de la géothermie dans la transition énergétique du Québec
Vos animateurs
Fellipe Falluh
Jean-Sébastien Duceppe
Nous joindre : info@addm.ca

Saturday Nov 29, 2025
S3E02 - La construction LEAN avec Julie Fouquet de chez HUDL (Construction Longer)
Saturday Nov 29, 2025
Saturday Nov 29, 2025
*** Construction Longer - Méthodes Lean et innovation - B-Corp - Processus IPD - Leadership de projet - Cycle de vie et durabilité - Équipe, culture et collaboration - Bâtiment multi-résidentiel - Budget partagé - Productivité, constructibilité et rigueur appliquée ***
Résumé de l’épisode
Aujourd’hui à l’épisode, on reçoit Julie Fouquet, vice-présidente codéveloppement et stratégie durable chez Construction Longer, où elle travaille depuis maintenant 18 ans. Ingénieure civile et diplômée en Liberal Arts, Julie incarne une vision rare de la construction : à la fois profondément technique et résolument humaine. Son rôle l’amène à intervenir très tôt dans les projets pour intégrer constructibilité, coûts, séquences, durabilité et vision long terme avant même le premier coup de crayon.
Julie raconte son arrivée dans l’entreprise, d’abord comme stagiaire, puis comme gestionnaire de projets, témoin de la transformation d’une petite entreprise résidentielle de Sherbrooke fondée en 1979 en un acteur majeur, verticalement intégré, qui construit réellement avec ses équipes. Cette réalité – avoir 150 personnes sur chantier – nourrit leur capacité à innover, à améliorer les processus et à appuyer leurs décisions sur l’expérience terrain.
On plonge ensuite dans les méthodes Lean : éliminer les gaspillages, fluidifier les séquences, rendre visibles les dépendances, réduire les irritants du quotidien et créer les conditions pour que chaque intervenant performe. Julie explique comment la pandémie a été le point de départ d’une cartographie complète des processus, suivie d’ateliers en chantier, de projets pilotes, puis d’un déploiement structuré avec un comité consultatif de contremaîtres. Pour elle, Lean n’a rien à voir avec un produit minimal : c’est un cadre de collaboration, de clarté et d’amélioration continue.
On aborde ensuite la question de la taille : est-ce réservé aux grandes entreprises? Julie répond clairement : non. Les petites équipes peuvent même être avantagées, car le changement s’y implante plus vite. Ce qui importe, c’est le “pas de recul” initial et la capacité d’expliquer le pourquoi.
Elle discute également de durabilité : vision B Corp, gouvernance élargie, 5 piliers (collaborateurs, clients, communauté, environnement, gouvernance), et surtout l’importance de concevoir des bâtiments performants, durables, résilients et adaptés au cycle de vie complet. Selon elle, la clé n’est pas seulement la certification, mais la capacité d’amener chaque client quelques pas plus loin – grâce à la constructibilité, aux subventions, à l’analyse opérationnelle, au choix des matériaux, et à la capacité d’un entrepreneur général à structurer les décisions.
Julie revient sur Le Monarque, projet phare et premier multilogement en voie de certification Passivhaus au Québec, conçu en collaboration intégrée. Grâce à la confiance client, Construction Longer a pu proposer une approche radicalement différente : enveloppe optimisée, panneaux préfabriqués, réduction des déchets, réduction du chauffage temporaire, usage systématique de laitier dans le béton, formation des équipes, partenariats locaux, et surtout un impact réel pour les futurs locataires (jusqu’à 87 % d’économie énergétique).
On termine avec un sujet rarement maîtrisé au Québec : l’IPD (Integrated Project Delivery). Julie explique comment fonctionne le partage de profit, la transparence contractuelle, la gestion commune du budget et la transformation complète du rapport entre professionnels, entrepreneur et client. Pour elle, c’est l’avenir des grands projets : une rupture culturelle qui exige confiance, alignement et courage, mais qui permet de prendre de meilleures décisions pour le projet plutôt que pour chaque entreprise.
Un épisode où gestion de projet, durabilité, leadership et rigueur se rencontrent. Julie nous rappelle que bâtir, c’est avant tout prendre soin des relations, structurer le travail, et créer les conditions pour que l’innovation devienne quotidienne.
Bonne écoute!
Liens
Invitée
Julie Fouquet
Construction Longer
Sujets discutés
Parcours atypique (génie + Liberal Arts)
Construction Longer : histoire et transformation
Constructeur vs gestionnaire de construction
Méthodes Lean, élimination des gaspillages
Planification 3 semaines et engagement d’équipe
Organisation, communication et amélioration continue
Préfabrication, panneaux, optimisation chantier
Certifications B Corp, durabilité et cycle de vie
Projet Le Monarque (Passivhaus, préfa, laitier, performance)
Relation de confiance et contrats en gestion
Approche IPD (budgets partagés, transparence, profit à risque)
Leadership, collaboration, gestion humaine des projets
Vos animateurs
Fellipe Falluh
Jean-Sébastien Duceppe
Nous joindre : info@addm.ca

Saturday Nov 22, 2025
S3E01 - Mesurer pour comprendre avec Richard Trempe, Architecte
Saturday Nov 22, 2025
Saturday Nov 22, 2025
*** Laboratoire vivant – Recherche appliquée en architecture – Enveloppe du bâtiment – Pathologies et performance réelle – Mur parfait revisité – Résilience thermique – Monitoring, inertie – Patrimoine bâti et réhabilitation ***
Résumé de l’épisode
Aujourd’hui à l’épisode, on reçoit Richard Trempe, architecte consultant, spécialiste de l’enveloppe du bâtiment et figure marquante de la science du bâtiment au Québec depuis plus de 25 ans. Ancien VP chez CLEB (aujourd’hui UL), formateur, chercheur et maintenant créateur du laboratoire vivant Auvergne, Richard consacre sa carrière à une quête : comprendre, mesurer et améliorer la performance réelle de nos bâtiments.
On remonte d’abord aux origines de sa passion : l’analyse de cinq bâtiments abandonnés, de cinq époques différentes — du XVIIe au XXe siècle — qui ont révélé à quel point chaque période raconte sa manière de bâtir, ses valeurs et ses vulnérabilités. Richard expose sa vision des trois “silos” indispensables à une bonne réhabilitation :
l’expertise technique,
la valeur historique et symbolique du bâtiment,
La connaissance artisanale et pratique.
On explore ensuite son passage déterminant chez CLEB : la démocratisation du laboratoire, les essais inédits (mur creux, pression équilibrée, mouillage de brique), la mise en service d’enveloppe avant-gardiste, et l’importance de la recherche appliquée pour faire progresser toute l’industrie.
Puis, on plonge dans la saga du mur parfait. Richard y partage ses résultats : avantages indéniables (contrôle de l’air, rapidité d’abri chantier, confort, ponts thermiques réduits), mais aussi limites réelles (absence de redondance, acoustique, sensibilité aux fuites, risques hygrothermiques si habité “comme un vrai humain”). Il compare le mur parfait avec un mur conventionnel optimisé (deux bâtiments jumeaux instrumentés) et montre que la théorie rencontre parfois la vraie vie.
C’est cette confrontation avec le réel qui l’amène à son nouveau chantier : la résilience thermique. Après une panne électrique d’une semaine en hiver, il se demande : “Peut-on concevoir une enveloppe qui stocke la chaleur, qui ralentit les pertes et qui protège les occupants quand l’énergie disparaît ?” Naît alors un ambitieux projet : 26 coupes de mur, modélisations dynamiques, empreinte carbone, simulations hygrothermiques, inertie thermique… pour finalement construire un troisième pavillon identique, mais conçu comme une “batterie thermique”.
Il nous raconte la collaboration avec l’École de génie du bois, les bancs d’essai, les sondes, le monitoring, les matériaux biosourcés (chanvre, fibre de bois, fibre de roche), les compromis structurants, et les pistes d’avenir pour des bâtiments résilients, performants et authentiquement durables.
Un épisode dense, passionné, technique, mais profondément humain, à l’image d’un chercheur qui croit que l’architecture est un art, mais que la rigueur en est le moteur.
Bonne écoute!
Liens
Invité
Richard Trempe
Trempe Architecte
Auvergne – Laboratoire vivant
Sujets discutés
Les cinq époques de construction et leurs logiques structurantes
Les trois “silos” : technique, mémoire, artisanat
CLEB – recherche appliquée, laboratoire, mise en service
Mur parfait : avantages, limites, comparaisons réelles
Acoustique, humidité, fuites d’air et zones de condensation
Résilience thermique et pannes électriques
Masse thermique, inertie, matériaux biosourcés
Modélisation (Wufi, inertie, empreinte carbone)
Conception de trois bâtiments jumeaux comme plateforme de recherche
Monitoring en continu et performance réelle
Vos animateurs
Fellipe Falluh
Jean-Sébastien Duceppe
Nous joindre : info@addm.ca